1887-05-17 to Édouard Dujardin
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1887-05-17 to Édouard Dujardin
Autograph letter signed, Yale University, 266 words
[Modifié pour la disposition des paragraphes, la syntaxe, les majuscules, l’orthographe et la ponctuation.]
[Tuesday, 17 May 1887]
Mon cher ami,
Je vous dois une lettre depuis bien longtemps. Mais si je n'écris point, je pense très souvent [à vous] ; je n’oublie pas mes amis à Paris. Ah qu'est-ce que je ne donnerais pour une journée avec vous ! — une compagnie délicieuse pour une causerie artistique, mais point de causeurs.
À défaut de causerie, je lis la Revue. Je trouve votre roman très bien, remarquable. C’est Henry Monnier rendu lisible ; la petite vie de l'âme dévoilée pour la première fois — une musique étonnante de points et virgules. Seulement je crains la monotonie. Nous verrons ; en tout cas c’est neuf.
Simple accident doit paraître à la fin du mois prochain. Je corrige en ce moment-ci les épreuves. Je suis content : c’est mon meilleur livre ; je ne ferai pas mieux.
J'écris un livre intitulé Les Confessions d’un jeune homme. Un jeune homme qui va à Paris pour étudier la peinture — je développe son caractère à traver les trois écoles — naturaliste, romantique et symboliste ; il retourne à Londres [et] je continue le développement de son caractère à travers la peinture et la littérature anglaises — L’idée : [le] contraste artistique entre deux grandes villes, Paris et Londres. Il y a un chapitre intitulé "La synthèse de la nouvelle Athènes", etc.
Le pauvre Wagner ! Que c’est bête tout cela ! De deux choses l’une : il faut faire la guerre à L'Allemagne ou vivre en paix avec elle, [afin] de siffler la musique —
Mes amitiés à Blanche.
Bien à vous
George Moore
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