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1883-09-17 to Émile Zola

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1883-09-17 to Émile Zola

Autograph letter signed, Bibliothèque Nationale, 369 words

[Modifié pour la disposition des paragraphes, la syntaxe, les majuscules, l’orthographe et la ponctuation.]

Tillyra, Ardrahan, Co. Galway, Ireland

[Monday] Sep 17, 1883

Cher Monsieur Zola,

Sachant bien comment la correspondance vous ennuie, j'ai hésité longtemps avant de vous adresser encore une lettre ; mais il me semble que j’ai maintenant deux raisons suffisantes pour vous écrire. D’abord, je viens de publier un roman qui a réussi — Un Amant Moderne. Dans les journaux français, on l’appelle "Un amant d'aujourd' hui.[“] Je ne sais pourquoi on a changé ma phrase. Que mon roman a eu du succès peut vous intéresser car, comme je vous ai déjà dit, je dois tout [ce] que j' ai à vous. Mon livre n'est pas bien hélas, je le sais bien, mais il a réussi. J'étais forcé de faire des escamotages épouvantables mais que voulez-vous ? il faut faire un pas, il est fait.

Croyant qu’on commence à goûter la littérature naturaliste en Angleterre, je viens d' arranger pour la traduction de Thérèse Raquin, si vous n’y mettez pas d'opposition bien entendu. Une nouvelle revue dont je suis un rédacteur a accepté mon offre de traduire votre livre. Voulez-vous me donner la permission nécessaire ? Je crois que je peux donner aux lecteurs anglais une idée exacte de votre style — une chose à faire car, heureusement pour vous, vous ne lisez pas les traductions américaines. Mon Dieu, vous ne vous doutez guère [de] comment on vous massacre.

Nous avons l’intention de publier votre lettre en tête ([à la une]), si cela vous convient. Inutile de vous dire que quelques phrases sur la question du roman naturaliste en Angleterre (ce que vous avez dit dans votre article sur le protestantisme) seraient appréciées. Le rédacteur en chef, je crois, n'est pas dans une position de vous payer mais la traduction serait une tentative littéraire qui ne peut que vous intéresser.

J'espère être à Paris au printemps et, naturellement, je ne manquerai pas de vous faire une visite — J'ai commencé une petite pièce avec Alexis, je crois qu' il vous [l’]a lue. — Il ne me répond pas.

[Veuillez] agréer, cher Monsieur, l'assurance de ma plus grande considération.

George Moore

Je vous prie de me répondre aussitôt que vous pourrez [car] il faut que la revue paraisse.


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